Carte du virus zika 2016

Le virus Zika occupe la scène médiatique à juste titre depuis quelques semaines, pour trois raisons objectives:

1 – Zika connaît un nouvel épisode épidémique de grande envergure

Parti des caraïbes en octobre 2015 et en pleine extension sur le continent Américain. Selon un communiqué de l’OMS à la mi-Janvier qui a décrété l’état d’«urgence de santé publique de portée internationale», 23 des 55 pays du continent étaient déjà touchés, et l’OMS annonçait : « le virus Zika va continuer à s’étendre et sans doute concerner tous les pays et territoires de la région où le moustique est présent ». Au final, seuls le canada et le Chili devraient donc être épargnés, protégés par des données physiques (la Cordillère des Andes) ou climatiques (le froid canadien) et ce sont 3 à 4 millions de cas qui sont attendus sur le continent Américain.

Inquiétude au Brésil en particulier

Le ministère de la santé brésilien a déclaré qu’en 2015, le pays a enregistré 1,5 Million de cas déclaré, et 3174 cas de microcéphalie chez des nourrissons liés au virus Zika contracté par la mère. Ce chiffre est à comparer aux 160 cas par an connus en moyenne les années précédentes.

De manière plus générale, le Brésil est un pays très affecté par la présence de moustiques. Traditionnellement, il enregistre plus d’un million de cas de dengue chaque année, et il est en pointe dans la recherche de solutions pour lutter contre cet insecte, en particulier dans les expériences de déploiement de moustiques mâles génétiquement modifiés.

Le moustique vecteur du Zika (AedesAegypti) est une espèce urbaine et nécessite une mobilisation spéciale des populations qui ont la responsabilité en particulier de leurs jardins : 200.000 militaires + 310.000 agent sanitaires ont été mobilisés pour informer, conseiller et inspecter les domiciles : 20.7 Millions de foyers brésiliens ont déjà été visités.

En Colombie

La Colombie est le 2èmepays le plus touché par le Zika après le Brésil, avec 22.612 cas confirmés au 31 Janvier 2016, dont 2824 femmes enceintes.  La directrice de l’Institut national de la Santé vient d’attribuer le décès de trois personnes à des cas de virus Zika avec complications dues au syndrome de Guillain-Barré), en précisant que 6 autres décès étaient à l’étude et que le nombre de cas de Guillain-Barré avait augmenté de 66%.

Les risques de propagation en France et en Europe

Les risques de propagation en Europe et en France en particulier existent pour deux raisons :

1 – Il existe un flux important de voyageurs entre ces deux zones géographiques; l’Europe a d’ailleurs déjà enregistré 24 cas importés fin Janvier.

2 – Il a été prouvé par l’IRD que le moustique tigre, implanté dans plusieurs pays d’Europe dont la France et l’Italie, pouvait transmettre le virus Zika, en plus de la dengue et du chikungunya. Ce risque s’intensifiera avec l’arrivée des premières chaleurs, période où le moustique tigre réapparaîtra notamment dans les 30 départements où il est désormais déclaré « implanté et actif »..

 

2 – Le virus Zika a des conséquences sanitaires sérieuses.

La directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, a alerté la communauté internationale sur le lien probable («les preuves circonstancielles sont très inquiétantes») entre le virus Zika et la microcéphalie (anomalie de la croissance de la boîte crânienne avec un diamètre de la tête inférieur à la normale) affection qui toucherait les bébés nés d’une mère ayant contracté le virus Zika pendant sa grossesse.

3 –  les Voies de transmission prouvées par le sang et par voie sexuelle…

L’OMS confirme que le virus se transmet principalement par le sang, mais au Texas, il a été prouvé que le virus pouvait se transmettre aussi par voie sexuelle, ce que l’on soupçonnait déjà depuis quelques années et qui « modifie la donne en matière d’extension du phénomène » selon le professeur François Bricaire de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.Selon  Ana Rius, secrétaire à la Santé de l’île des Caraïbes «Le Zika doit être traité comme une maladie sexuellement transmissible, nous devons prendre les précautions adéquates». En effet, il a par exemple été prouvé que le virus pouvait rester actif pendant plusieurs semaines dans le sperme, alors même qu’il aurait complètement disparu du sang.

Le virus a aussi été détecté sous forme active par des chercheurs Brésiliens dans la salive et dans les urines, qui ont précisé que cela ne voulait pas forcément dire qu’il pouvait être transmis par ces voies.

Quelles sont les recommandations internationales pour ralentir le phénomène épidémique ?

Selon l’OMS :

- le moyen de prévention le plus efficace est de se tenir éloigné des zones d’eaux stagnantes, où les moustiques se multiplient, de se protéger avec des répulsifs, ainsi que de dormir sous des moustiquaires.

- Il est recommandé de mobiliser les populations: « J’exhorte les pays européens à agir de manière coordonnée pour contrôler les moustiques, y compris en impliquant les populations pour éliminer les sites de reproduction et en planifiant d’épandre de l’insecticide et de tuer les larves »

- Il est «approprié» de reporter les dons de sang des voyageurs revenant de pays à risque où sévit le virus, au moins pendant 21 jours (28 jours en Grande Bretagne) après leur retour.

Les autorités américaines recommandent l’abstinence sexuelle ou d’utiliser des préservatifs pour les voyageurs revenant  de zones à risques. D’autant plus que le virus peut rester vivant plusieurs semaines dans le sperme d’une personne infectée.

En Amérique latine, de nombreux pays comme le Brésil, Salvador, la Colombie, l’Equateur, la Jamaïqueou Porto Rico notamment – ont conseillé d’éviter toute grossesse pendant que l’épidémie n’est pas sous contrôle, ce qui a soulevé immédiatement une polémique « dans ces pays qui interdisent ou limitent strictement l’accès aux méthodes de planning familial, comme la contraception ou l’avortement », comme le soulignait vendredi 5 Février le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme.

Quelques rappels sur le virus Zika

Comment se manifeste-t-il ?

La maladieest le plus souvent asymptomatique (dans les ¾ des cas) et en elle-même n’est pas grave, ce sont ses complications neurologiques qui peuvent l’être.

Ses manifestations sont le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures) avec des éruptions cutanées,des œdèmes des extrémités, des douleurs en arrière de l’orbite, conjonctivite, éruption d’évolution descendante du visage aux membres qui démange souvent, vertiges, douleurs aux muscles, troubles digestifsselon le Haut Conseil à la santé publique. Les symptômes se manifestent dans les trois à douze jours qui suivent la piqûre par le moustique.

Les traitements possibles

Il n’existe pas de traitement curatif ni de vaccin contre cette maladie, seulement des traitements des symptômes avec principalement du paracétamol (jusqu’à 4g/j), l’hydratation du corps et éventuellement des antihistaminiques en cas de démangeaisons.

A l’heure actuelle, l’institut Pasteur vient à peine de procéder au séquençage du virus qui circule aux Antilles et en Amérique du Sud, ce qui devrait permettre d’avoir la carte d’identité précise du virus.

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