Virus Usutu : premier cas déclaré en France

Nous savions que le moustique pouvait être porteur de la Dengue, du Zika, du Chikungunya, du Paludisme, de la fièvre du Nil occidental, de la fièvre jaune… mais également du virus Usutu, dont il est question dans les médias en ce moment. Récemment, l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) a déclaré qu’un premier cas d’Usutu a été détecté en France en 2016. Il aura fallu plus d’un an aux chercheurs et médecins pour arriver à ce diagnostic. Le patient âgé de 39 ans avait en effet des symptômes atypiques : une paralysie faciale qui à l’époque n’avait duré que quelques semaines avant rétablissement.

Qu’est-ce que le virus Usutu ?

Le virus Usutu, également appelé « USUV » est un arbovirus détecté pour la première fois en Afrique du sud en 1959 dans le Swaziland, sur le bord d’une rivière du nom d’Usutu, d’où le nom du virus.

Ce dernier est transmis par le biais du moustique culex, le plus commun des moustiques en Europe et touche principalement certaines espèces d’oiseaux en temps normal, comme le merle noir, les mésanges, les moineaux ou encore les rouges-gorges.

Selon une étude du Center for Disease Control and Prevention (CDC), la présence du virus en France avait été attestée par le décès de divers oiseaux entre 2015 et 2016, et en Camargue en 2015, 7% des moustiques de l’espèce culex pipiens étaient porteurs du virus en raison de la présence de marécages et de populations d’oiseaux migrateurs.

Comment le virus se transmet-il ?

Comme les autres virus transmis par le moustique, Usutu se transmet par piqûre. Le moustique pique des oiseaux contaminés au préalable avant de piquer un humain qui pourra potentiellement devenir porteur du virus à son tour.

Le patient porteur du virus en France vivait proche de la Camargue, région qui, comme nous vous l’avons expliqué plus haut, est un terreau fertile pour les moustiques porteurs du virus Usutu en raison de la forte présence d’eau et d’espèces d’oiseaux variées. Il y a ainsi fort à parier, selon les chercheurs, que ce dernier ait été infecté sur le territoire français.

En Europe, seul 26 cas d’infections humaines ont été rapportées, même si, d’après Yannick Simonin, enseignant chercheur spécialiste du virus Usutu, ce chiffre pourrait être sous-estimé du fait de la méconnaissance des symptômes associés à ce virus.

Quels sont les symptômes ?

« Comme pour les autres arbovirus la plupart des cas d’infection chez l’homme sont probablement asymptomatiques. Néanmoins, de rares complications neurologiques ont été rapportées justifiant de mener plus de recherches pour mieux comprendre son fonctionnement», explique Yannick Simonin.

De plus, aucun traitement spécifique n’existe à ce jour pour lutter contre ce virus.

Il faut donc être particulièrement vigilant et opter pour des mesures de préventions classiques contre la prolifération du moustique : pensez à vider les récipients pouvant contenir de l’eau stagnante (soucoupe, arrosoirs, pots de fleurs vides etc.), couvrez et abritez les objets en extérieur en cas de pluie, et jetez régulièrement les déchets pouvant créer de fortes odeurs.

Il est également recommandé d’utiliser des répulsifs cutanés ou aériens fabriqués à partir de principes actifs dont l’efficacité est reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : principalement ceux qui renferment de l’Icaridine, de l’IR3535, du Citriodiol ou encore du DEET. Attention cependant concernant le DEET qui a été attaqué par des études qui montreraient une possible toxicité chez l’homme, en particulier pour les femmes enceintes et les enfants.

 

Source: INSERM, CDC