Montpellier : 2 nouveaux cas autochtones de chikungunya

Deux nouveaux cas de chikungunya autochtone ont été découverts à Montpellier, après cinq autres rendus publics mi-octobre, a indiqué vendredi 31 l’Agence régionale de santé (ARS) Languedoc-Roussillon.

Foyer épidémique montpelliérain

Ces deux nouveaux cas, « guéris et en bonne santé », confirment que le foyer ne concerne qu’un seul et même quartier de Montpellier, celui de Las Sorbès, toutes les personnes infectées y habitant ou y ayant séjourné. Le cas précédent concernait une personne qui y avait séjourné. Les quatre autres étaient des adultes d’une même famille de Montpellier âgés de 40 à 60 ans.

L’ARS avait identifié un voisin de cette famille, revenant d’un pays touché par le chikungunya, sans souhaiter préciser lequel.

Rappel

L’apparition de cas autochtones de chikungunya ou de dengue nécessite d’abord que le moustique s’infecte en piquant une personne revenant malade d’un pays ou d’une zone d’endémie. Le moustique devient alors infectant: à chaque piqûre, il sera susceptible de transmettre le virus.
Un cas est dit « importé » si le patient a séjourné en zone de circulation connue du virus dans les 15 jours précédant le début des symptômes.

Situation du chikungunya dans l’Hérault

Depuis le point de situation du 23 octobre, les enquêtes épidémiologiques de terrain et les informations recueillies auprès des médecins montpelliérains ont permis de détecter une dizaine de cas suspects de chikungunya. Un certain nombre ont été infirmés, d’autres ont été confirmés par le Centre national de référence. Pour quelques-uns qui ne concernent que le quartier de las Sorbès, les examens sont encore en cours.
Le bilan à ce jour est de 7 cas autochtones confirmés de chikungunya dans le quartier de Las Sorbes.
L’ensemble du quartier a été traité par des interventions successives de démoustication.
En lien avec les services de l’éducation nationale, un courrier a été adressé en sorte que les parents d’élèves et le personnel des établissements scolaires des zones concernées soient informés dès lundi, jour de la rentrée scolaire.
Le travail d’investigation mené vendredi 24 octobre dans un quartier de Gignac n’a pas permis d’identifier de cas.
A ce jour, la circulation du virus est contenue.

Selon un bilan de l’institut de veille sanitaire (InVS) mi-octobre, il s’agissait des premiers cas autochtones de cette maladie en France métropolitaine cette saison. Le premier cas en France avait été détecté en 2010 dans le Var.

Le département de l’Hérault passe donc du niveau 1 au niveau 3 du plan anti-dissémination de la dengue et du chikungunya.

Carte Aedes Albopictus

Depuis 2006, le gouvernement a mis en place un plan national anti-dissémination du chikungunya et de la dengue. Il comporte 6 niveaux.

Niveau 0 :
0a : absence d’Aedes albopictus
0b : présence contrôlée : observation d’œufs sur un piège pondoir suivi d’une intensification du piégeage les semaines suivantes et d’un traitement visant à l’élimination ou à une non-prolifération du moustique.

Niveau 1 : Aedes albopictus implanté et actif

Niveau 2 : Aedes albopictus implanté et actif, et présence d’un cas humain infecté par le virus de la dengue ou du chikungunya.

Niveau 3 : Aedes albopictus implanté et actif, avec présence d’un foyer de cas humains (au moins 2 cas groupés dans le temps et l’espace).
Les objectifs à ce niveau sont :
_ Faire prendre conscience à la population (incluant les malades) de la nécessité d’adopter strictement les mesures destinées à limiter la multiplication des vecteurs et surtout, la circulation virale
_ Sensibiliser les professionnels de santé à la déclaration obligatoire et au signalement rapide des cas suspects pour permettre une confirmation accélérée par le CNR et mettre en place des mesures de lutte anti-vectorielle adaptées quand le patient est en phase virémique
_ Informer la population sur les modalités de prise en charge pour ne pas saturer le système de soin
_ Donner aux professionnels de santé les informations nécessaires au diagnostic, à l’évolution et au traitement de la maladie. Ce dispositif doit intégrer une information / formation spécifique des pharmaciens sur les répulsifs et autres moyens de protection
_ Sensibiliser les voyageurs, au départ des zones de transmission autochtone et se rendant dans des zones d’implantation des moustiques vecteurs, aux mesures de protection individuelle, notamment en cas de manifestations cliniques.

Niveau 4 : Aedes albopictus implanté et actif, et présence de plusieurs foyers de cas humains (foyers distincts sans lien épidémiologique ni géographique entre eux)

Niveau 5 : Aedes albopictus implanté et actif, et le pays est en épidémie.

Plus d’infos sur le chikungunya ici