Les dispositifs de vigilance des moustiques progressent dans le monde

La France est en avance au regard des dispositifs existant qui s’enrichissent chaque année un peu plus dans le monde. Notons qu’aujourd’hui, ce sont surtout les pays riches qui ont les moyens de s’organiser pour  détecter le plus tôt possible la présence d’espèces dangereuses (dispositif de veille entomologique), ainsi que la présence des virus qui peuvent les accompagner afin d’en maîtriser au plus près les risques de propagation (dispositif  de veille sanitaire).

La cartographie en question

Une vigilance complète et bien organisée suppose un double dispositif de détection et d’information.

Le dispositif de veille :

Il doit couvrir le plus largement possible le territoire, et s’appuyer sur deux piliers :

-une veille ciblée dans des zones stratégiques confiées à des organismes experts : La France a quadrillé son territoire pour en confier la surveillance entomologique à des EID (Ententes Interdépartementales de Démoustication), ou bien à des associations d’entomologistes en l’absence d’EID (voir la liste sur le document disponible sur la page http://vigilance-moustiques.com/acteurs-de-la-vigilance/). On notera à cette occasion que les 3 EID métropolitains existants (EID Med, EID Atlantique, EID Rhône-Alpes) sont tous des organismes indépendants les uns des autres, et qu’ils ne parlent pas toujours d’une même voix. Les zones stratégiques sont, soit des zones environnementales sensibles, marécageuses, où l’on peut « monitorer » la présence d’espèces, quantitativement et qualitativement, soit des nœuds de transports d’hommes ou de marchandises dont on sait qu’ils sont appréciés des espèces invasives de moustiques pour étendre leur rayon d’action : aires de stations d’autoroute, ports, aéroports, grandes villes.. Dans toutes ces zones, les organismes installent des nids pondoirs, véritable pièges pour attirer les moustiques, afin d’enregistrer d’éventuelles nouvelles espèces, en l’occurrence le moustique tigre.

-Etant donné le coût important que représentent ces dispositifs, il est impossible de leur demander de couvrir tout le territoire. De ce fait, le dispositif de veille doit être complété par une association large du grand public au concept de « vigilance- citoyenne ». Plus nous serons nombreux à veiller, plus tôt nous serons informés et mieux nous serons protégés.

Le dispositif de communication

L’ensemble de ces informations doit être répertorié et cartographié afin d’organiser en conséquence

-les dispositifs de démoustication massive éventuels, à l’initiative des départements (préfecture)

-les dispositifs de veille sanitaire, à l’initiative des Agences Régionales de Santé (ARS)

-l’information des professionnels de santé et du grand public, qui doit notamment être informé en toute transparence et en temps  réel, afin de le protéger le mieux possible, mais aussi pour l’associer le plus largement possible à l’effort de vigilance nationale dont il doit être l’un des acteurs majeurs. L’un des outils les plus efficaces pour atteindre cet objectif reste la cartographie.

C’est pourquoi www.vigilance-moustiques.com a été créé et a remporté un tel succès.

Cartographie des moustiques dans le monde

Cartographie des moustiques en Europe

En Europe, l’ECDC actualise chaque année une carte qui répertorie les différentes espèces de moustiques potentiellement dangereuses en Europe. La dernière publication disponible date de janvier 2014. L’organisme français partenaire de l’ECDC est le CNEV.

Ci-dessous, la carte européenne de l’AEDES ALBOPICTUS.

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Cartographie des moustiques Aux Etats Unis d’Amérique

Aux USA, on note plusieurs initiatives qui vont dans le même sens :

1-La NASA collabore à la cartographie de différentes espèces particulièrement étudiées, dont le Culex Pipiens responsable de la plus grande épidémie connue de West Nile Virus (voir ici http://svs.gsfc.nasa.gov/vis/a000000/a002500/a002565/)

a002565_culex_pipiens_solid_w_borders

 

2-L’US Department of Defense Global Emerging Infections Surveillance and ResponseSystem(DoD-GEIS), une division de l’ “Armed Forces Health Surveillance Center”; et le “Global Biodiversity Information System (GBIF) » ont financé un site en open data intitulé http://www.mosquitomap.org/

3-Le Center for Disease Control actualise régulièrement la carte du West Nile Virus sur le site http://diseasemaps.usgs.gov/wnv_us_mosquito.html

4-Enfin, la Chaine météo « The weather Channel » via son site www.weather.com vient de lancer un système d’informations sur les prévisions de présence et d’activité de moustiques commune par commune.

La cartographie des moustiques en France

En France, www.vigilance-moustiques.com a été précurseur dans  cette démarche, à laquelle les organismes publics n’ont officiellement pas souhaité apporter leur concours.

Par ailleurs, un programme de télé-épidémiologie est mené avec l’agence française de l’espace et le CNES qui met à disposition ses satellites, avec  pour objectif de cartographier (mais cette fois « vu d’en haut »)  la présence des moustiques et les risques sanitaires éventuels qu’ils représentent.

De toute évidence, la cartographie apparaît comme un outil scientifique de plus en plus recherché pour la collecte de données sur les animaux vecteurs de maladies : pour d’abord situer géographiquement la présence de ces vecteurs, et pour ensuite développer des modèles de prédiction et de surveillance des risques sanitaires qui les accompagnent.